La peinture suédoise fait partie de ces alternatives ancestrales qui reviennent en force côté bricolage écologique. Composée de 100 % d’ingrédients naturels, elle offre une protection durable au bois extérieur tout en respectant l’environnement.
Notre guide vous livre la recette complète, le choix des supports, les variantes de couleur et les conseils d’application pour un résultat impeccable.
Qu’est-ce que la peinture suédoise à la farine ?
La peinture suédoise est une peinture mate traditionnelle d’origine nordique, popularisée au XVIIIᵉ siècle autour de la mine de cuivre de Falun en Suède.

Les maisons rouges scandinaves en sont l’image emblématique. Nathalie Boisseau, auteure d’un livre de référence sur le sujet en France, a largement contribué à faire connaître cette version artisanale.
- Composants typiques : farine de blé ou de seigle, eau, pigments minéraux (ocre, oxydes de fer), huile de lin, savon noir liquide et sulfate de fer.
- Principe technique : la farine cuite forme une colle végétale qui fixe les pigments sur le bois. L’huile de lin nourrit les fibres et repousse l’eau. Le savon aide à l’émulsion du mélange, et le fer (via le sulfate) apporte un effet fongicide et durcisseur.
- Avantages : peinture microporeuse qui laisse respirer le bois en évitant le cloquage, très économique, sans solvants toxiques, et simple à refaire tous les 5 à 10 ans selon le climat.
- Comparaison rapide : par rapport aux produits industriels, l’aspect est plus mat, moins « plastique », plus tolérant au vieillissement, mais son pouvoir couvrant est moindre en une seule couche.
Quel bois et quels supports peindre avec une peinture suédoise ?
La peinture suédoise s’applique sur du bois brut non verni. Le choix du support conditionne directement la qualité du rendu et la durée de vie de la finition.
- Supports idéaux : bois tendres et clairs, comme le pin, le sapin, l’épicéa et le Douglas. Les surfaces sciées, légèrement rugueuses et non rabotées conviennent particulièrement : cabanes, ruches, volets, portails, clôtures, boiseries extérieures.
- Supports corrects : bois raboté ou lisse, à condition de pratiquer un brossage énergique ou un léger ponçage pour ouvrir les fibres. Un support brut ou légèrement poncé offre les meilleures conditions d’adhérence.
- Supports à éviter : essences denses riches en tanins, comme le chêne, le châtaignier et les bois exotiques (teck, ipé, azobé). Leur faible porosité et leur forte teneur en tanins provoquent des problèmes d’adhérence. Ne jamais appliquer directement sur une ancienne peinture, lasure ou vernis sans décapage préalable.
- Autres surfaces : vieux crépis minéraux, brique ou pierre brute peuvent recevoir cette peinture, mais l’adhérence reste aléatoire. Faites des essais sur une petite zone avant de traiter l’ensemble.
Recette détaillée de peinture suédoise à la farine (5 L pour ~15 m²)

Avec cette recette pour 5 litres, vous couvrez environ 15 m² de bois scié en deux couches, soit l’équivalent d’un petit abri, d’un portail ou d’une série de portes et volets.
Ingrédients pour 5 L :
- 350 g de farine de blé (T55 ou T65), ou farine de seigle pour une version plus traditionnelle
- 4 L d’eau
- 100 g de sulfate de fer
- 1 kg de pigment minéral (ocre rouge, ocre havane, terre verte ou terres d’ombre)
- 0,5 L d’huile de lin crue ou cuite
- 5 cl de savon noir liquide
Rôle de chaque composant :
- Farine → colle végétale (apprêt naturel)
- Pigment → teinte et protection UV
- Sulfate de fer → fongicide léger, durcissement
- Huile de lin → amélioration de la résistance à l’eau, effet hydrofuge et nutrition du bois
- Savon → agent mouillant et émulsifiant
Matériel nécessaire : grand faitout en inox ou émaillé (10 L minimum), plaque de cuisson, fouet ou mélangeur, balance de cuisine, seau pour le refroidissement, bâton mélangeur. On peut réduire la quantité de pigment en poudre pour des teintes plus translucides, ou le remplacer en partie par du blanc de Meudon (carbonate de calcium) ou de la chaux pour des tons pastel.
Étapes de préparation de la peinture suédoise maison
Sa préparation nécessite une cuisson douce, pensez « recette de cuisine » plutôt que chimie industrielle.
- Colle de farine : délayer 350 g de farine dans 0,5 L d’eau froide avec un fouet pour éviter les grumeaux. Incorporer ce mélange dans environ 3,5 L d’eau portée à frémissement, en remuant constamment jusqu’à obtenir une consistance de béchamel fluide.
- Cuisson : maintenir un léger frémissement pendant 10 à 15 minutes pour bien gélatiniser l’amidon, sans laisser accrocher au fond.
- Sulfate de fer : dissoudre les 100 g de sulfate dans un peu d’eau chaude, puis l’ajouter à la colle. Aérer la pièce et éviter les ustensiles en aluminium qui réagissent avec le fer.
- Pigments : disperser la poudre de pigment dans un peu d’eau, puis l’incorporer progressivement. Remuer jusqu’à un mélange homogène sans grumeaux.
- Huile et savon : hors du feu, verser l’huile de lin en filet en mélangeant vigoureusement, puis ajouter le savon noir en dernier pour stabiliser l’émulsion.
- Repos : laisser refroidir complètement, couvrir le seau et laisser reposer le mélange quelques heures (une nuit idéalement). Conservation approximative : 2 à 3 jours au frais. Éliminer tout reste présentant une odeur de fermentation.
Application sur bois : préparation, conditions météo et mise en peinture

Préparation du support :
- Brosser énergiquement avec une brosse métallique en inox ou une brosse dure en nylon
- Éliminer les zones grisées ou friables ainsi que la poussière
- Le bois doit être sec au toucher, et les bois très foncés exigent une préparation soignée
Conditions climatiques :
- Une température comprise entre 15 et 25 °C est idéale. Peindre à l’ombre, à l’abri du plein soleil
- Éviter de peindre si la pluie menace dans les 48 h, en cas de brouillard persistant ou de vent fort
- Un séchage trop rapide par forte chaleur peut provoquer un écaillage
Mise en peinture :
- Utiliser une brosse à badigeon, un spalter ou un large pinceau plat à poils souples
- Première couche : diluer la première couche à 10-20 % d’eau pour les surfaces poreuses, travailler dans le sens du fil du bois, insister sur les creux et les extrémités
- Séchage : 24 heures en conditions tempérées, vérifier que la surface est mate et non collante
- Seconde couche : moins diluée et plus couvrante. Une à deux couches suffisent sur du bois clair ou brut. Surveiller les coulures pour conserver l’aspect mat et respirant
- La teinte fonce légèrement en séchant et peut encore s’uniformiser dans les semaines suivantes
Couleurs, variantes de recette et entretien dans le temps

Couleurs traditionnelles :
- Rouge de Falun (ocre rouge), brun havane, jaune ocre, verts doux, bleus grisés pour les huisseries
- Privilégier les pigments naturels (ocres, terres de Sienne, terres d’ombre) pour une meilleure résistance aux UV
- Réserver les pigments synthétiques vifs à un usage intérieur
Variantes de recette :
- Pour des teintes claires (blanc cassé, crème), augmenter légèrement la proportion de charges minérales ou d’huile
- Pour les bois très exposés à la pluie : passer à 0,6–0,7 L d’huile de lin pour 5 L, en sachant que cela peut foncer ou jaunir la couleur
Entretien :
- La peinture suédoise peut durer jusqu’à 10 ans selon les conditions. Elle nécessite peu d’entretien par rapport aux peintures synthétiques : elle vieillit en se matifiant, sans cloquer
- Pour rénover : brossage énergique puis nouvelle couche par-dessus, sans décapage complet
- Sur une latte changée ou une zone abîmée, repeindre seulement la partie concernée, car la différence de teinte s’atténue avec le temps
Cette peinture économique et durable permet de protéger le bois avec des ingrédients simples, tout en limitant l’impact sur l’environnement et en facilitant l’entretien. Commencez par une petite surface pour ajuster le mélange avant de traiter l’ensemble des boiseries extérieures.
