En France, près de 60 % des ménages possèdent encore une baignoire dans leur salle de bain principale. Pourtant, la tendance s’inverse nettement depuis une décennie : la douche s’impose par son confort immédiat, son gain de place réel et ses économies d’eau concrètes. Une douche de 5 minutes consomme en moyenne 60 à 80 litres d’eau, contre 150 à 200 litres pour un bain complet. Le choix de passer à la douche est donc autant pratique qu’économique.
Mais comment s’y prendre concrètement ? Trois solutions existent, chacune adaptée à un profil de projet et un budget différent : la douche avec receveur classique, la douche à l’italienne (ou de plain-pied), et la cabine de douche intégrale. Cet article fait le point sur les coûts, les travaux à prévoir, les aides disponibles et les étapes à suivre, que vous souhaitiez vous lancer seul ou déléguer à un professionnel.
Pourquoi passer de la baignoire à la douche ?
La baignoire a longtemps incarné le confort domestique. Mais pour beaucoup de foyers, elle devient une contrainte réelle : difficile d’accès, gourmande en eau, encombrante dans de petites salles de bain. Passer à la douche répond souvent à plusieurs besoins à la fois, qu’ils soient pratiques, fonctionnels ou économiques.
Sécurité et accessibilité au quotidien
Enjamber le rebord d’une baignoire représente un risque de chute avéré, surtout pour les personnes âgées ou à mobilité réduite. Une douche de plain-pied ou une douche avec un receveur bas supprime cet obstacle directement. Pour les seniors, ce changement peut conditionner le maintien à domicile dans de bonnes conditions. Les ergothérapeutes le recommandent fréquemment, et plusieurs dispositifs d’aide financière ciblent précisément cette situation. C’est l’une des premières raisons qui pousse les ménages à envisager ce type de travaux.
Libérer de la place dans la salle de bain
Une baignoire standard occupe entre 1,5 et 1,7 m². En la remplaçant par une douche, on récupère un espace précieux dans des salles de bain souvent exiguës. Une douche de 80 x 80 cm, ou même 90 x 90 cm, prend nettement moins de place et permet d’ajouter du rangement, un meuble vasque plus large, ou simplement de circuler plus librement au quotidien. Dans les appartements de petite surface, ce gain peut transformer entièrement la perception de la pièce.
Réduire sa consommation d’eau et d’énergie
L’impact est chiffrable : une douche de 5 minutes utilise environ 60 à 80 litres d’eau, contre 150 litres en moyenne pour un bain. Sur une année, pour un foyer de 4 personnes, l’économie peut atteindre plusieurs dizaines de mètres cubes d’eau, avec un effet direct sur la facture. L’énergie nécessaire pour chauffer l’eau est réduite dans les mêmes proportions. En combinant douche et pomme économique, certains foyers divisent leur consommation par deux sur ce poste.
Les 3 façons de transformer une baignoire en douche
Il n’existe pas une seule manière de procéder : tout dépend de votre budget, de l’état existant de votre salle de bain et de vos priorités en matière d’esthétique et de confort. Voici les trois options principales avec leurs caractéristiques essentielles.
La douche avec receveur classique est la solution la plus accessible financièrement et techniquement. Elle convient bien aux bricoleurs motivés et ne nécessite pas de modifier la structure du sol. La douche à l’italienne offre le résultat le plus qualitatif mais implique des travaux de maçonnerie importants. La cabine de douche intégrale, enfin, est la réponse la plus rapide à installer, sans travaux lourds.
| Type | Prix indicatif | Travaux | DIY possible | Délai |
| Douche avec receveur | 2 000 à 5 000 € | Légers | Oui | 1 à 3 jours |
| Douche à l’italienne | 4 500 à 10 000 € | Importants | Non conseillé | 1 à 2 semaines |
| Cabine de douche | 3 500 à 6 500 € | Minimes | Oui | 1 à 2 jours |
Ces fourchettes de prix incluent la fourniture du matériel et la main-d’œuvre si vous faites appel à un artisan. En DIY, les coûts peuvent être réduits de 30 à 50 % selon l’option retenue.
Option 1 : La douche avec receveur

C’est la configuration la plus courante et la plus accessible pour un bricoleur expérimenté. On retire la baignoire, on adapte légèrement la plomberie existante, et on pose un receveur de douche surélevé ou semi-encastré avec ses parois. Le résultat est propre, fonctionnel et relativement rapide à obtenir. Remplacer une baignoire par une douche de ce type peut se faire en un week-end prolongé si tout est préparé en amont.
Ce qu’il faut prévoir comme matériaux
Pour mener ce projet à bien, voici les éléments à réunir avant de commencer :
- Un receveur de douche (acrylique, résine ou pierre reconstituée), en 80 x 80 cm, 90 x 90 cm ou 80 x 120 cm selon l’espace disponible
- Des parois de douche (verre trempé, composite ou profilés aluminium avec vitrage)
- La robinetterie : mitigeur thermostatique ou classique, barre de douche ou colonne intégrée
- Le siphon de sol adapté au receveur choisi
- Le joint silicone sanitaire pour assurer l’étanchéité en périphérie
- Du carrelage mural si les murs existants sont dégradés ou si un changement esthétique est souhaité
Les grandes étapes de pose
La dépose de la baignoire constitue la première étape, suivie de la vérification des arrivées d’eau et de l’état de l’évacuation. Le receveur s’installe sur les pieds réglables fournis avec l’équipement, ou sur un lit de mortier selon le modèle. Les parois sont fixées au mur à l’aide de profilés, les raccordements plomberie réalisés, puis on finalise par les joints d’étanchéité. Un bricoleur expérimenté peut boucler l’ensemble en une journée et demie à deux jours.
Pour qui c’est adapté
Cette solution convient à ceux qui souhaitent un résultat propre sans engager de gros travaux structurels. Elle est idéale pour une salle de bain existante en bon état, sans nécessité de refaire l’intégralité du carrelage mural ou de toucher au sol. Le budget maîtrisé et la faisabilité en autonomie en font une option très appréciée des propriétaires qui bricolent régulièrement. C’est aussi la réponse la plus pertinente à la question « peut-on remplacer une baignoire par une douche sans casser le sol ? » : oui, avec un receveur sur pieds.
Option 2 : La douche à l’italienne

La douche à l’italienne séduit par son esthétique épurée et son accessibilité totale : pas de receveur à enjamber, un sol continu de la salle de bain à la zone de douche, et un effet visuel qui agrandit l’espace de façon significative. C’est la référence en matière de salle de bain contemporaine, mais elle demande davantage de préparation et d’intervention technique.
Ce qui la distingue des autres solutions
Contrairement à une douche avec receveur, la douche à l’italienne est encastrée dans le sol : le carrelage de la zone douche est au même niveau que le reste de la pièce, avec une légère pente vers le siphon de sol. Cela implique généralement de décaisser la dalle pour y loger le système d’évacuation, sauf si le plancher existant offre une hauteur suffisante pour un receveur extra-plat sans décaissage.
Les éléments nécessaires pour une douche à l’italienne :
- Un siphon de sol de faible épaisseur (type caniveau linéaire ou bonde plate encastrée)
- Un receveur extra-plat ou un système de recueil intégré à la chape
- Un revêtement mural étanche (carrelage grand format, béton ciré, pierre naturelle)
- Une membrane d’étanchéité sous carrelage (type Schlüter-KERDI ou résine)
- Une robinetterie murale ou en saillie adaptée à la configuration
- Une paroi de verre trempé (optionnelle selon la configuration et la taille de la zone)
Pour les équipements comme le receveur, la robinetterie ou les parois, Aurlane, spécialiste de la salle de bain propose une gamme complète pensée pour ce type de projet.
Les étapes techniques clés
- Diagnostic plomberie : vérifier la position de l’évacuation existante et la hauteur disponible sous dalle pour évaluer si un décaissage est nécessaire.
- Dépose de la baignoire : déconnexion des arrivées d’eau, dépose du tablier et extraction de l’équipement hors de la pièce.
- Décaissage du sol : ouverture de la chape existante pour créer l’espace nécessaire au siphon et réaliser la pente d’écoulement vers ce dernier.
- Pose du receveur extra-plat ou du système de recueil : mise en place du siphon, ragréage de la chape avec création de la pente (1 à 2 % minimum).
- Revêtement mural : application de la membrane d’étanchéité sur les murs et le sol de la zone douche, puis pose du carrelage ou du revêtement choisi.
- Raccordement plomberie : branchement du mitigeur mural, des arrivées d’eau et finalisation de l’évacuation.
Pour qui c’est adapté
La douche à l’italienne est recommandée dans le cadre d’une rénovation globale de la salle de bain, ou pour des propriétaires qui visent un résultat durable et qualitatif. Elle est rarement réalisable en DIY total : le décaissage, la création de pente et l’étanchéité demandent une expertise réelle. Un bricoleur très expérimenté peut prendre en charge certaines phases, mais il est généralement préférable de confier au moins la plomberie et l’étanchéité à des professionnels.
Option 3 : La cabine de douche intégrale

La cabine de douche est une solution autonome : livré avec son bac, ses parois, sa robinetterie et parfois des options supplémentaires (hydromassage, vapeur, chromothérapie), cet équipement ne demande aucun travail de maçonnerie et s’installe en une journée dans la quasi-totalité des cas. C’est la réponse idéale pour ceux qui cherchent à remplacer une baignoire par une douche sans travaux importants.
Un format clé en main sans gros travaux
L’avantage principal de la cabine de douche intégrale est sa simplicité d’installation. Pas besoin de carreler, de réaliser des joints complexes sur mesure ou d’intervenir sur la structure du sol. L’ensemble est pré-assemblé ou semi-assemblé, les raccordements sont standardisés, et le résultat est fonctionnel immédiatement après installation. Pour les personnes qui ne souhaitent pas de chantier long et poussiéreux, c’est une option très pertinente.
Installation rapide : ce qu’il faut savoir
L’installation se déroule en quelques étapes simples :
- Positionner la cabine à l’emplacement de la baignoire retirée
- Raccorder l’arrivée d’eau froide et chaude sur les robinets existants
- Brancher l’évacuation sur le siphon de sol ou l’évacuation de la baignoire
- Fixer les parois au mur (perçage léger en périphérie)
- Vérifier l’étanchéité et poser le joint périphérique
Il est conseillé de vérifier au préalable que l’espace libéré par la baignoire correspond aux dimensions de la cabine choisie. La plupart des modèles sont disponibles en 80 x 80 cm ou 90 x 90 cm. Certains fabricants proposent des formats rectangulaires ou d’angle pour s’adapter à des configurations moins standards.
Les limites à connaître avant d’acheter
La cabine de douche a ses contraintes. Elle peut paraître moins intégrée visuellement qu’une douche à l’italienne, et les modèles d’entrée de gamme présentent parfois une qualité de matériaux discutable sur le long terme. Les pannes sur les équipements intégrés (jets de massage, radio, vapeur) sont souvent difficiles à réparer soi-même, et les pièces détachées ne sont pas toujours disponibles plusieurs années après l’achat. Enfin, son impact sur la valeur du logement reste inférieur à celui d’une douche à l’italienne bien réalisée.
Les étapes du chantier, de A à Z
Quelle que soit la solution retenue, le chantier suit une logique commune. Voici comment procéder de façon méthodique pour éviter les mauvaises surprises.
Déposer l’ancienne baignoire
Commencer par couper les arrivées d’eau : robinets d’arrêt sous la baignoire, ou coupure au tableau général si aucun robinet d’arrêt n’est accessible. Dévisser la robinetterie de remplissage et le siphon de vidange, puis décoller le tablier latéral de la baignoire, qu’il soit carrelé ou en panneau PVC.
Débrancher l’évacuation, puis extraire la baignoire. Selon les modèles et les matériaux (acrylique, acier émaillé, fonte), le poids varie considérablement : prévoir deux personnes pour la manœuvre. Les baignoires en acier ou en fonte trop larges pour passer par la porte peuvent être découpées sur place avec une meuleuse équipée d’un disque métal.
Vérifier et adapter la plomberie
Une fois la baignoire retirée, inspecter l’état des tuyaux d’arrivée (eau froide, eau chaude) et de l’évacuation. Si les canalisations sont en plomb ou en acier galvanisé, c’est le moment idéal pour les remplacer par des tuyaux en PER ou en multicouche, plus durables et sans risque sanitaire.
Vérifier que la position du siphon existant correspond à l’emplacement du futur bac ou siphon de sol. Si ce n’est pas le cas, un déplacement de l’évacuation est nécessaire, ce qui représente un poste de travaux à chiffrer sérieusement avant de commencer. Un plombier professionnel facture ce type d’intervention entre 200 et 500 euros selon la complexité.
Préparer le sol et les murs
Si le sol est inégal ou si des traces d’humidité sont présentes sous la baignoire, une réfection partielle s’impose avant toute pose de nouvel équipement. Pour une douche à l’italienne, cette phase comprend le décaissage et la réalisation d’une chape avec pente d’écoulement dirigée vers le siphon. Pour une douche avec receveur, un simple ragréage suffit dans la plupart des cas.
Les murs doivent être propres, secs et plans. Si le carrelage mural existant est en bon état et adhère correctement, il est souvent possible de carreler par-dessus sans dépose, en utilisant un mortier-colle adapté à ce type de support.
Poser et raccorder la douche
La pose du receveur vient ensuite : mise à niveau sur les pieds réglables, raccordement du siphon à l’évacuation, vérification de la stabilité. Pour une italienne, c’est le siphon de sol qui est posé en premier, intégré dans la chape. Les parois ou panneaux muraux sont fixés ensuite selon les instructions du fabricant.
La robinetterie est raccordée aux arrivées d’eau, avec du ruban PTFE sur tous les raccords filetés pour assurer l’étanchéité. Avant de poser les joints définitifs en silicone sanitaire, tester l’étanchéité en faisant couler l’eau plusieurs minutes et en vérifiant l’absence de toute fuite.
Aides financières pour financer les travaux
Le coût d’un tel chantier peut être partiellement pris en charge par des dispositifs publics, notamment lorsque les travaux visent à améliorer l’accessibilité du logement pour les personnes âgées ou à mobilité réduite. Ces aides pour seniors sont souvent méconnues mais peuvent représenter une part significative du financement.
MaPrimeAdapt’ (seniors et PMR)
MaPrimeAdapt’ est le dispositif principal pour les travaux d’adaptation du logement aux situations de perte d’autonomie. Elle s’adresse aux propriétaires occupants âgés de plus de 70 ans, ou aux personnes en situation de handicap reconnue, sous conditions de ressources. Le dispositif peut couvrir jusqu’à 70 % du montant des travaux, avec un plafond de dépenses éligibles fixé à 22 000 euros HT. Le remplacement d’une baignoire par une douche accessible est explicitement listé parmi les travaux éligibles. La demande se fait sur le portail MaPrimeRénov’ de l’ANAH.
TVA à taux réduit (5,5 % pour travaux d’accessibilité)
Les travaux visant à adapter le logement aux besoins des personnes handicapées ou âgées bénéficient d’un taux de TVA réduit à 5,5 %, au lieu de 10 % pour les travaux de rénovation classiques. Ce taux s’applique sur la main-d’œuvre et les matériaux facturés par un artisan professionnel intervenant dans un logement de plus de 2 ans. Pour en bénéficier, il est nécessaire de remplir une attestation spécifique remise à l’artisan au moment de la commande, qui doit la conserver avec sa facture.
Aides des collectivités locales
En complément des dispositifs nationaux, de nombreuses collectivités locales (régions, départements, communes) proposent des aides spécifiques pour les travaux d’adaptation ou de rénovation. Le service « Mon Accompagnateur Rénov' » et les Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS) sont de bons points de départ pour identifier les aides disponibles selon votre situation et votre lieu de résidence. Certaines caisses de retraite complètent également les dispositifs publics pour leurs adhérents, notamment dans le cadre de leur action sociale. Il est conseillé de contacter votre Département directement, certains proposant des subventions allant jusqu’à plusieurs milliers d’euros.
Faut-il se lancer soi-même ou appeler un pro ?
La réponse dépend directement du type de projet et de votre niveau réel en bricolage. Certaines phases sont accessibles à un particulier motivé, d’autres impliquent des risques suffisamment sérieux pour justifier l’intervention d’un professionnel. Faut-il un plombier ? Pas forcément pour tout, mais pour certaines étapes, oui.
Ce que l’on peut faire seul, avec de l’expérience en bricolage :
- Dépose de la baignoire existante (déconnexion, découpe si nécessaire, évacuation)
- Pose d’un receveur sur pieds réglables dans un espace existant en bon état
- Pose de parois de douche sur murs existants propres et plans
- Raccordement de la robinetterie sur des arrivées d’eau existantes et accessibles
- Pose de carrelage mural si la technique est maîtrisée
- Installation complète d’une cabine de douche intégrale
Ce qui nécessite l’intervention d’un plombier ou d’un carreleur professionnel :
- Déplacement de l’évacuation ou des arrivées d’eau dans la dalle ou dans les murs
- Décaissage du sol pour une douche à l’italienne
- Réalisation de la pente d’écoulement et de l’étanchéité sous carrelage
- Remplacement de canalisations en plomb ou en acier galvanisé
- Travaux en copropriété nécessitant une validation du syndic ou touchant aux parties communes
Un artisan plombier intervient généralement entre 40 et 80 euros de l’heure selon la région. Pour une pose complète de douche hors matériaux, compter entre 500 et 1 500 euros selon la complexité du chantier.
Quel que soit le chemin choisi, ce projet se prépare avant tout sur le papier. Mesurer précisément l’espace disponible, évaluer l’état de la plomberie existante et définir un budget réaliste sont les trois conditions d’une installation réussie. La douche avec receveur offre le meilleur équilibre entre accessibilité, coût et autonomie d’exécution.
La douche à l’italienne vise l’excellence sur le long terme, avec un investissement plus conséquent. La cabine intégrale, elle, mise sur la rapidité et la simplicité. Dans tous les cas, une bonne préparation vaut mieux que deux reprises : prendre le temps de comparer les équipements, de consulter un artisan et de vérifier les aides disponibles avant d’acheter quoi que ce soit.
